Des clientes pour la morgue

Genre(s) :

Epoque(s) :

Edition : Fleuve Noir

Dépot légal : 2ème trimestre 1953

Imprimeur : Les Impressions rapides, Paris XI

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Fleuve noir Spécial Police n°40
Non massicoté
Prix : 225 FRS (non imprimé sur le livre)
Dessinateur 1er plat : Michel Gourdon

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Dédicace : A FREDERIC DARD,
mon ami de toujours.
S.A.

Apparition de Bérurier
C’est à la deuxième page du récit que le nom de Bérurier est prononcé pour la première fois : « On était quelques potes de la grande boîte qui arrosions la médaille d’un ami… L’ami, pour tout vous casser, c’est Bérurier, cette grosse enflure de Bérurier… »
Bérurier, en effet, vient d’être décoré pour avoir pris « deux pruneaux dans les côtelettes » en service commandé. Dans les deux pages suivantes, le héros du jour ouvre la bouche pour entonner Poète et Paysan, mais le chant lui reste « collé aux bronches comme un caramel », car San-Antonio chope Castellani par l’épaule et s’esquive avec lui : la filature de la « dame d’un certain âge » est lancée…

Résumé
Si je voulais l’envoyer rejoindre Crâne pelé dans la baille, je n’aurais qu’une bourrade à lui administrer.
Mais je ne tiens pas à procéder ainsi car ce faisant je perdrais le plus important témoin de mon affaire. Et comme ce témoin est par la même occasion le principal inculpé, vous comprendrez sans qu’on vous l’écrive au néon dans la cervelle que je sois enclin à ne pas me séparer de lui. Un inculpé de cette catégorie, je l’aurai payé le prix !
À Paris, le commissaire San-Antonio prend d’instinct en filature une dame plutôt curieuse. En effet, le flair du commissaire a repéré tout de suite un homme déguisé. Cela le conduit jusqu’en Suisse, où le mystérieux individu se suicide sous ses yeux, dans sa chambre d’hôtel, après avoir reçu un coup de téléphone.
Suivant son instinct, le commissaire San-Antonio prend en filature une dame d’un certain âge. Ce qui l’oblige à la suivre dans le train Paris-Genève, puis à s’installer dans le même hôtel de luxe genevois que cette personne. En réalité, la dame est un homme encore jeune, ce qu’avait bien compris San-Antonio. En surveillant son suspect, il assiste au suicide de l’inconnu, suite à un appel téléphonique. Avant sa mort, l’homme a dissimulé un disque de métal que San-Antonio s’empresse de récupérer. Si la police helvétique est coopérative, la blonde standardiste de l’hôtel n’est pas très franche. San-Antonio doit un peu la secouer pour obtenir la vérité. Cette rondelle de métal possède assurément une valeur, mais son utilité reste un point d’interrogation pour le commissaire qui rentre à Paris.
L’homme travesti voyageait sous le nom de Mme Fouex. Décédée depuis peu de mort naturelle, cette dame était employée à l’ambassade des Etats-Unis. C’est son neveu, Georges Gerfault, qui avait endossé son identité pour aller en Suisse. Bien qu’élève du Cours Simon, le jeune homme était un comédien sans notoriété. Tout ça n’offre guère d’indications à San-Antonio. Celui-ci habite avec Félicie, sa brave femme de mère, au 103 rue de l’Église à Neuilly. Ils sont la cible d’un tireur à la mitraillette. Qui réussit à disparaître, non sans avoir supprimé la blonde standardiste genevoise qui l’avait guidé là. Le tueur et son commanditaire ne sont pas du genre à laisser vivants des témoins. À l’ambassade des Etats-Unis, on dit à San-Antonio que la défunte Mme Fouex était une employée sans histoire.
Une belle femme occupe l’appartement de Georges Gerfault. Pas assez prudent, le commissaire est visé par l’inconnue armée. Après coup, il s’aperçoit que le disque de métal a disparu : “Ce disque ne s’est pas envolé comme une soucoupe, c’est ma miss-pistolet qui me l’a barboté (…) elle a eu le courage de me passer à la ratisse après m’avoir choqué une pastille valda dans le poitrail ! Voilà une pépée qui a froid n’importe où, sauf aux yeux…” Suivant la piste d’un costaud au crâne rasé, San-Antonio se trouve embarqué contre son gré dans une péniche. Ses deux ravisseurs cherchent la rondelle de métal, qu’il n’a plus. Rudes adversaires pour San-Antonio, qui ne s’en tirera pas sans quelques brûlures. À peine hospitalisé, le commissaire doit poursuivre sa mission car un danger explosif menace Paris…

Il est bon de souligner qu’il s’agit d’un des premiers San-Antonio, datant de 1954. Déjà intrépide, le commissaire appartient à un service de police peu précisé (la DST). Il nomme son supérieur le chef ou le boss, sans se montrer aussi familier qu’il le sera plus tard avec Le Vieux. Il est entouré d’une brochette d’inspecteurs, mais Bérurier n’est encore qu’une (grosse) silhouette dans cette histoire. Félicie, la mère du héros, est bien présente et active dans deux scènes agitées.
Le petit univers qui sera celui de San-Antonio est juste esquissé, l’enquêteur prenant seul tous les risques pour mener à bien l’affaire. Il encaisse divers mauvais coups, des chocs plutôt sévères. Comme le titre l’indique, on compte ici plusieurs victimes féminines, dont un homme. Les péripéties s’enchaînent à un rythme soutenu et fort mouvementé. Déjà enjouée, la tonalité est moins marquée par l’humour que dans ses romans à venir. On pourrait noter quelques superflus “résumés de la situation”, qui n’altèrent toutefois pas le tempo narratif.
Extrait du blog de Claude Le Nocher

Curiosité : San-Antonio dédie ce livre à lui-même, avec un bel humour dans la dédicace. Frédéric sera coutumier de ce procédé plusieurs fois dans la suite de sa carrière.

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